Les objectifs

Les objectifs que nous proposons ont été sélectionnés principalement pour leur applicabilité universelle. Cela signifie que les objectifs ci-dessous sont généralement considérés comme souhaitables. Cependant, nous les considérons comme étant plus que simplement souhaitables. Nous comprenons que ces objectifs sont une nécessité et qu'ils constituent le strict minimum. En tant que tels, en accord avec nos méthodes, nous estimons que seulement en proclamer leur importance soit insuffisant. Ils doivent faire partie intégrante des fondations de la nouvelle structure socioéconomique.

Les objectifs primaires ci-dessous sont ambitieux, certes, mais ils sont techniquement réalisables si, collectivement, nous en choisissons ainsi. De plus, ces objectifs transcendent toutes les divisions artificielles humaines car ils sont ancrés dans la réalité, dans le concret; ce sont des impératifs bio-psycho-sociaux auxquels tous, à un niveau ou un autre, peuvent souscrire.

En considérant notre présente situation, nous sommes parfaitement au fait que ces propositions puissent paraître difficiles, voire même impossibles, à réaliser. Il semble effectivement que nous soyons à des années-lumière d'une telle existence. Mais la concrétisation de cette évolution doit passer d'abord et avant tout par l'approbation sociale. C'est ultimement l'étape la plus longue et la plus difficile en raison des craintes, des habitudes, et de l'enracinement des façons de penser, mais aussi en raison du temps requis pour les échanges d’idées, les discussions et la conscientisation. Une fois cette étape cruciale passée, nous serons en mesure de faire de grandes avancées rapidement grâce au simple fait que nous « ramerons tous dans la même direction », essentiellement.

Voici nos objectifs primaires :

1. Accès universel à un nouveau paysage urbain durable et intelligemment conçu : permettre à la nature de reprendre sa place.

Ces nouvelles villes seront autosuffisantes, de conception intelligente, dotées d'une maintenance automatisée, sécuritaires, éventuellement auto-construites, écologiques, spacieuses et interconnectées aux autres villes. À l'intérieur, les gens auront accès à toutes les commodités disponibles. Au fur et à mesure que les avantages d'y vivre deviendront apparents, les vieilles villes inefficaces seront éventuellement (et volontairement) abandonnées. Entre ces nouvelles villes, les terres retrouveront éventuellement leur état naturel, permettant ainsi à la nature de reprendre sa place et ses fonctions.

2. Accès universel à des moyens de transport rapides, propres et efficaces: une énergie propre.

À l'intérieur des villes, le transport sera intégré aux infrastructures, majoritairement au-dessus du sol, possiblement sur un système discret de rail. Les combustibles fossiles seront complètement éliminés du secteur du transport. Pour les déplacements de longues distances, plusieurs options deviennent envisageables telles que les trains à lévitation magnétique de haute vitesse, qui sont sécuritaires, rapides, et ne dépensent que très peu d'énergie comparativement aux méthodes conventionnelles de transport de longue distance. D'autres modes de transport pour les individus seront accessibles (bateaux, autos, etc.), au besoin. Pour électrifier nos moyens de transport et nos villes, il existe plusieurs options d’énergies qui sont propres et renouvelables: solaire, vent, géothermie, vague, marée, et possiblement même la fusion un jour, pour ne nommer que celles-là.

3. Accès universel à de la nourriture nutritive, de l'eau et de l'air propres.

Faisant partie de notre proposition d'implémenter des systèmes urbains autosuffisants, l'approvisionnement en eau et en nourriture devient primordial. Nous utiliserons des moyens novateurs d'automatiser la production de nourriture, tels que des fermes verticales entièrement fermées qui utilisent l'aquaponie ou d'autres techniques. Cela éliminera l'obligation d'utiliser des herbicides et des pesticides, réduira notre utilisation d'eau, produira de la nourriture hautement nutritive, tout en permettant d'en accumuler un surplus qui sera conservé à long terme ou utilisé en cas d'urgence. Nous innoverons également dans nos manières de fournir de l'air et de l'eau propre à la population. Encore une fois, plusieurs solutions existent déjà mais sont souvent négligées en raison de contraintes monétaires. Peut-être que la nanotechnologie nous sera un jour d'une utilité dans ce domaine, et matérialisera de la nourriture sur demande.

4. Accès universel à une abondance matérielle: refonte de l'industrie, une économie basée sur le partage.

Réussir à atteindre une abondance matérielle, et ce, sans détruire la planète dans le processus, requiert que nous usions d’intelligence dans la manière avec laquelle nous organisons et gérons nos ressources limitées. Qu’il soit question d’appareils électroménagers ou d’items plus spécialisés, le produit concerné doit être conçu pour durer. L’élimination de la priorisation du profit monétaire, avec ses pratiques de réduction de coûts, facilitera l’élaboration de produits qui seront durables. Aussi, les produits seront de la meilleure qualité possible et pourront être mis à jour au fur et à mesure que la technologie progresse. Lorsqu’une toute nouvelle façon de concevoir un produit existant rend l’ancien impossible à actualiser, voire obsolète, ce dernier aura été préalablement conçu afin d’être recyclable. Ensuite, lorsque vient le temps d’obtenir des produits tels qu’un bateau ou un véhicule autonome, l’accès plutôt que l’appropriation devient la norme. Cela signifie que l’on utilise le produit aussi longtemps que nécessaire, mais qu’une fois terminé, il redevient disponible pour quelqu’un d’autre, au lieu de venir occuper inutilement de l’espace à la maison. Nous incluons également l’accès à des moyens de communication rapides et fiables sous cet objectif (internet par exemple). De manière générale, l’offre s’ajustera à la demande grâce à une gestion automatisée de la production en temps réel. Des sondages pourront également être utilisés. La production, étant aussi entièrement automatisée, s’ajustera rapidement à une augmentation de la demande. Des technologies émergentes, telles que l’impression 3D, viennent à l’esprit lorsqu’il est question de produire localement.

5. Accès universel à une éducation appropriée: des solutionneurs de problèmes, des généralistes, des spécialistes.

L’éducation sera modifiée pour refléter adéquatement la direction choisie. Elle devra s’adapter à la nouvelle réalité. La curiosité sera encouragée, l’apprentissage ne sera pas associé au stress, et les gens deviendront des apprenants à vie. Bien que le développement d’une expertise dans un champ donné sera possible, cela ne sera pas fait au détriment d’une connaissance fondamentale solide en lien, par exemple, avec les différents systèmes des villes, de l’environnement, etc. Autrement dit, une forte proportion de la population sera généraliste avec une expertise dans un domaine particulier de son choix. L’éducation, quel qu’en soit le domaine, mettra l’accent sur la pratique, sera stimulante et significative, se fera dans un contexte coopératif, sollicitera des habiletés de résolution de problèmes, et enseignera de remarquables compétences communicationnelles. Les contraintes de temps, les pressions de performer, les devoirs, les tests standardisés, et les notes, peu importe leur forme, disparaitront. De plus, les enfants seront initiés très tôt à la pensée critique et développeront un scepticisme sain, plutôt qu’une naïveté ou un scepticisme excessif. Encore une fois, la technologie assistera les professeurs, parents, membres de la famille et de la communauté à éduquer les enfants. Les classes seront aussi petites que possible. Les enfants apprendront rapidement que la société a besoin de leur aide; la société nécessite leur apport afin de solutionner les différents problèmes humains. Cela leur permettra de se sentir intégrés et utiles. La coopération fera partie intégrante de l’expérience d’apprentissage. La gratuité scolaire permettra à tous ceux qui le désirent de poursuivre leurs études aussi longtemps qu’ils le désirent. La connaissance doit être considérée comme un héritage à être partagé librement.

6. Accès universel à un système de santé de classe mondiale: la prévention et de saines habitudes de vie.

Évidemment, la prévention et de saines habitudes de vie seront à la portée de tous ceux qui le souhaitent. Ceci, en soi, améliorera grandement la santé générale de la population. De plus, vivre à un rythme normal, contrairement au rythme effréné que l’on connaît aujourd’hui, aura tendance à réduire les niveaux de stress, conférant un caractère plus sensé et plus sain à la vie de tous les jours. Maintes inquiétudes, en l’occurrence celles reliées à la sécurité financière, qui figurent parmi les plus communes aujourd’hui, seront éventuellement choses du passé. Concernant les soins médicaux, chirurgies, médicamentation, et autres procédures médicales, ils auront tous également bénéficié de la même sorte d’automatisation que le reste des occupations, bien que le côté humain restera toujours présent sous une forme ou une autre. Une base de données contenant photos, symptômes, et autre matériel diagnostique, sera compilée afin de contenir la connaissance de tous les docteurs et chercheurs. Les développements technologiques dans ce domaine sont déjà impressionnants et s’accélèrent. L'intelligence artificielle aura certainement un rôle important à jouer.

7. Accès universel à un environnement dépourvu de guerre: établir des liens pacifiques, apporter une paix technoscientifique.

Tandis que l’éducation et le contexte coopératif à l’intérieur du Canada fera de la guerre un anathème pour la plupart d’entre nous, la plupart des pays demeureront néanmoins, et ce pour un certain temps, rattachés à des valeurs ancrées dans un contexte compétitif. Les situations de guerres monétaires et économiques, la stratification des États, la domination, la pauvreté, les stratégies géopolitiques, les positions concurrentielles avantageuses, les vols de ressources, et ultimement la violence, ne disparaîtront pas du jour au lendemain. C’est dans la compétition que l’on retrouve les spores de la guerre. Le Canada n’existe pas en vase clos et nous sommes donc liés aux autres pays. Étant sur la même planète, nous partageons le même destin. Nous sommes tous humains et pour chaque individu qui souffre, il y a un profond coût moral à partager si l’on n’agit pas lorsqu’on le peut pour mettre un terme à ces souffrances, où qu’elles soient. La grande transition canadienne bénéficierait évidemment d’un support de la communauté internationale. La réussite de cette transition nous imposera de nouvelles responsabilités. Les populations qui souhaitent effectuer une telle transition de manière pacifique pourront compter sur notre assistance. Aider les pays dans le besoin impliquerait parfois d’y aller et de partager nos méthodes, nos connaissances et nos outils afin d’améliorer les conditions des gens qui y vivent. Étant sur la même planète, il est impératif que nous poursuivions nos implications pacifiques avec la communauté internationale afin de promouvoir un environnement planétaire humain et sécuritaire.

8. Accès universel à une liberté individuelle: aspirations, initiatives, épanouissement.

Dans un monde offrant une telle accessibilité, une personne se verra offrir tous les outils, les connaissances et les matériaux nécessaires afin d'accomplir ses projets. En guise d’exemple simplifié, quelqu'un qui apprécie créer différentes sortes de chaises aura accès à ce dont il a besoin pour maitriser la tâche. Les attributs de la chose créée seront par la suite envoyés au secteur industriel afin qu'elle puisse être reproduite pour d'autres personnes. Ainsi, contribuer à améliorer la société sera à la portée de tous. Le « travail » tel qu'on le connait n'existerait pas. Éventuellement, une personne désirant vivre une vie de simples loisirs pourrait le faire. Cependant, de tels cas, en soi non préjudiciables envers quiconque désormais, seraient excessivement rares. La curiosité humaine, nos nombreux défis, et notre désir de progrès ne disparaitront pas; au contraire, nous aurons un tel assortiment d’outils et de méthodes à notre disposition qu’ensemble, volontairement, nous serons enclins à vouloir participer et contribuer au système qui nous offre tant. À cet effet, une liste exhaustive des différents problèmes contemporains nécessitant une attention pourrait être établie afin d’aider les gens à trouver leur voie, en suivant leurs intérêts personnels et en se joignant à des équipes multidisciplinaires œuvrant à résoudre l’un de ces problèmes. Les contributeurs dans un domaine particulier pourraient choisir d’être appelés advenant le cas où un nouveau problème requiert leur apport en expérience. Par exemple, quelqu’un qui aura participé à régler un problème lié à l’efficacité énergétique d’un appareil ménager pourrait choisir d’être automatiquement invité à se joindre à une équipe qui travaille sur l’amélioration d’un autre appareil.

9. Accès universel à une complémentarité humaine: coopération et confiance, conformité fonctionnelle et individualité.

Les humains sont généralement de nature sociale. Au sein d'un environnement coopératif, nous serons en mesure de nous lier les uns aux autres plus librement, nous ferons confiance plus ouvertement, et nous nous conformerons plus facilement aux façons de faire et aux comportements qui sont socialement fonctionnels. Par exemple, le respect d'autrui et démontrer de l'empathie illustrent bien le genre de conformité qui sera courant. Il est important de distinguer le conformisme fonctionnel, « réfléchi », et universel, du conformisme « aveugle », débilitant et divisionnaire. Simultanément, compte tenu du fait que nous soyons tous différents à notre manière, l'individualité sera également célébrée et encouragée. La diversité est effectivement l’une de nos grandes forces.

10. Accès universel à un environnement où le stress chronique et le crime décroissent substantiellement : un environnement potentiellement sans crime.

Nous nous attendons à une réduction significative de la criminalité. D’innombrables lois deviendront de facto obsolètes au fur et à mesure que la population s'acclimatera au nouveau contexte socioéconomique. Le crime pourrait éventuellement devenir une relique du passé. Ceci peut paraitre utopique, comme beaucoup de ce qui a été décrit à date, mais on doit avant tout prendre en considération le nouveau contexte social avant de sauter à cette conclusion. Une bonne part de nos comportements est modelée par notre environnement. Ce nouvel environnement en sera un où l'on considère notre prochain comme un collaborateur, où le niveau de stress est bas, où le bonheur est généralement élevé, où nous avons un monde d'accès, où nos objectifs sont importants et significatifs, et où l'éducation nous aura conféré de remarquables habiletés communicationnelles. La « criminalité » va s'essouffler dans un tel environnement.

11. Accès universel à un monde où il existe une compréhension profonde que les préoccupations environnementales sont intimement reliées aux préoccupations humaines.

La planète que nous habitons n'est pas sans limites. Nos ressources doivent être stratégiquement préservées. Un corollaire à la nature limitée de nos ressources est le fait qu'il y ait une limite technique au nombre de personnes qu'elles peuvent soutenir. Bien que nous ne soyons pas près de la capacité de charge maximale de la planète Terre, cela demeure un concept qui mérite une certaine attention. La stabilité populationnelle est quelque chose qui semble se produire naturellement lorsque les conditions de vie sont optimales. Inversement, on voit la surpopulation survenir lorsque des conditions de pauvreté, de faible niveau de scolarité, et de manque d'accès aux moyens de contraception sont endémiques. La surpopulation fait pression sur les environnements naturel et social. Pour le bénéfice de la durabilité, il doit y avoir un équilibre entre le nombre d'humains sur la Terre et le montant de ressources disponibles. Il n’est pas question ici d’un contrôle coercitif des naissances. Bien au contraire, il s’agit plutôt de reconnaitre l’importance d’améliorer les conditions de vie de tous afin d’exister en équilibre avec les ressources disponibles. Autrement dit, la coercition n’est pas une méthode envisageable/désirable mais la conscientisation l’est. Mettons de côté le quantitatif un instant et penchons-nous sur le qualitatif. Nous avons besoin d’espace pour respirer. Un environnement écologique immaculé nous permettra de bien grandir. Nous avons besoin de forêts, de rivières et de lacs sains. Nous avons besoin d'un air de qualité. Nous devons tout mettre en œuvre pour transformer le système actuel de manière à ce que l’humain n’ait pas à troquer son bien-être physique, écologique ou social afin d’améliorer son bien-être économique.

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