La vision
- Notre mode d'opération
- L'état de la technologie
- Compétition ou coopération?
- La rareté naturelle de l'argent
Comment y parvenir? Dans un premier temps, nous croyons qu'il soit possible d'utiliser le cadre politique actuel afin de mettre en branle des changements qui mèneront à une mise à jour radicale du présent système. Nous n'avons pas l'intention de perpétuer le statu quo. Il n'existe rien dans le cadre institutionnel établi et conventionnel qui puisse, ni qui devrait, être considéré comme immuable. Nous estimons que certaines méthodes/institutions sont obsolètes et datent d’une époque qui n’a plus rien à voir avec celle dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Pire encore, d'autres contribuent à la détérioration de notre présente situation mondiale.
Le système socioéconomique moderne est inutilement et excessivement complexe. De plus, il est fondamentalement non durable. Avec les connaissances que nous avons aujourd’hui, nous croyons qu'il serait approprié de repartir à zéro et de poser la simple question : « Qu'est-ce qui importe? ». Il semblerait que le montant de choses qui importent augmente au fur et à mesure que l'on impose/inculque de plus en plus de divisions artificielles au sein d'une population. Afin de déterminer nos objectifs primaires, il fut donc important de les circonscrire à ceux qui seraient compris et acceptés par la majorité. Nous en sommes arrivés à la liste d'objectifs primaires mentionnée plus haut. Ainsi, peu importe l'ethnie, le sexe, la classe sociale, la religion ou l'affiliation politique, ces objectifs sont généralement considérés comme étant universellement souhaitables.
La méthode scientifique implique le fait de questionner, observer, émettre une hypothèse, tester, analyser, et partager les résultats afin que d'autres puissent confirmer/infirmer. Elle nous a permis de réaliser beaucoup d'exploits, certains plus favorables au bien-être humain que d'autres. Étant en quelque sorte un outil cognitif, il est important de se rappeler que les initiatives scientifiques sont modelées par le contexte à l'intérieur duquel elles sont entreprises (social, économique, culturel, etc.). Nous souhaitons créer un contexte approprié qui saura orienter le focus scientifique sur le bien-être humain plutôt que sur l’acquisition de profits/la rentabilité parce que ces derniers tendent à inhiber, voire négliger, la recherche scientifique fondamentale.
Présentement, plus souvent qu’autrement, l’interventionnisme étatique est palliatif et réactionnaire. Lorsque confronté à un problème, les outils de prédilection du gouvernement sont la législation et le « brassage d’argent ». Sur ce dernier point, on constate qu’inonder un problème avec de l'argent ne le règle pas nécessairement. Au contraire, cela tend à créer de nouvelles institutions qui chercheront à se perpétuer puisque la survie économique de ses éléments constitutifs en dépend. Quant à l’outil de la législation, un comportement difficile peut parfois être contrôlé par l'entremise de mesures coercitives (lois) mais le fait de rendre ce comportement obsolète détient une meilleure probabilité de succès. Par exemple, si l'on considère le crime de voler, notre raisonnement devrait être le suivant :
Approche 1 : Utilisons la science et la technologie afin d'assurer que les gens aient un accès universel gratuit à une abondance matérielle.
Décidément, ceci diffère de l'approche traditionnelle qui s'apparente à ce qui suit:
Approche 2 : Créons une loi qui, nous l'espérons, dissuadera les gens de voler. Essayons aussi de stimuler la création d’emplois, ce qui donnera de l'argent aux gens afin qu'ils puissent acheter plus de choses.
La première approche, plus directe, rend le comportement (voler) inutile. Le problème est réglé par l'entremise d'une solution technique avant que le comportement ait lieu. Pas de prison, pas de tribunal. La seconde approche repose sur l'espoir que les gens vont respecter la loi et se trouver un emploi mais elle n'adresse aucunement les conditions préalables qui sous-tendent le comportement en premier lieu. Par ailleurs, cette seconde approche tend à créer des répercussions négatives. Par exemple, elle maintient notre dépendance à la création d’emploi (de qualité ou non) selon une logique de participation citoyenne en tant que consommateur.
Qu’adviendra-t-il de l’appareil gouvernemental une fois la transition réussie? Comme nous le verrons plus loin, les outils traditionnellement attribués au gouvernement en lien avec les lois et l’argent seront profondément transformés, ce qui aura un impact sur la taille et l’importance relative de cette institution.
La technologie: Imaginez-vous sans aucune forme de technologie. Cela signifie aucun vêtement, aucune maison, aucun outil, simplement vous et l'impitoyable nature sauvage. Vous n'auriez que très peu de temps à consacrer aux choses qui ne sont pas directement reliées à votre survie immédiate.
La technologie englobe chaque outil, méthode, invention, matériau, et création que nous avons concoctés depuis notre commencement en tant qu’espèce. Nous utilisons la technologie pour créer une meilleure technologie. C’est l’accumulation et le partage de ces technologies qui nous ont permis de prospérer. Ceci étant dit, similairement à la relation que les gens entretiennent avec l'argent, il existe un certain amour/haine envers la technologie. Ils aiment la technologie parce qu'elle offre des avantages en termes d'efficacité, mais ils la détestent lorsqu'elle cesse de fonctionner correctement. Ils l'aiment lorsqu'elle est utilisée pour sauver des vies, pour permettre plus de temps libre, pour les aider dans leurs explorations, pour divertir, ou pour faciliter l'exécution de certaines tâches. Ils la détestent lorsqu'elle est utilisée pour tuer ou détruire, pour les isoler les uns des autres, ou lorsque son taux de renouvellement est si rapide que, outre la pollution qui en résulte, ils ressentent un sentiment d'incapacité de « suivre la vague » pour des raisons financières (ou même psychologiques pour certains).
En considérant notre histoire passée, l'utilisation de la technologie pour nous aider à atteindre nos buts semble être la solution la plus sensée. Il peut être généralement difficile pour ceux qui ne sont pas « technologiquement avisés » d'envisager qu'un tel changement soit possible. Beaucoup de gens perçoivent la technologie d'aujourd'hui, et souvent avec raison, comme étant peu fiable. Cependant, on doit se rappeler du contexte dans lequel la technologie d'aujourd'hui doit se développer. La pression du marché pour un « prix compétitif », la nécessité pour le manufacturier qu'il y ait un taux rapide de roulement (le besoin économique d'avoir une consommation cyclique), une conception de produits qui reflète globalement un désir de couper les coûts de production, tous contribuent à une désuétude accélérée. Les garanties sont écogénocidement courtes. Mais, rappelons-le, cela est surtout dû au contexte qui requiert une priorisation du profit; ça ne représente pas fidèlement nos vraies habiletés. Le développement d’une technologie durable est principalement entravé par notre système socioéconomique concurrentiel. Autrement dit, la profitabilité l’emporte sur la durabilité. Actuellement, la technologie est avant tout un outil utilisé pour maximiser le profit. Son côté utilitaire ainsi que sa durabilité se partagent respectivement la deuxième et troisième position sur l’échelle des priorités. Nous préconisons un monde où existe la compréhension que les ressources naturelles sont limitées et que la meilleure manière d'économiser ces ressources est de collaborer ensemble pour maximiser leur utilisation en partageant ce qui peut être partagé. Dans un tel monde, les produits seront conçus pour être durables, actualisables, recyclables, et éco-énergétiques.
La technologie est un outil à notre disposition. Comme n'importe quel autre outil, elle peut être utilisée à des fins positives ou négatives. C'est le contexte qui détermine l'usage que l'on en fait. Dans quel contexte le complexe militaro-industriel prospère-t-il? Nous existons aujourd’hui dans un système socioéconomique qui nous place les uns contre les autres; parfois de façons très apparentes, parfois de façons plus dissimulées, plus insidieuses. La nécessité moderne de soutirer notre part du gâteau monétaire mène à des stratégies de rationalisation qui nous font hériter d'une technologie inadéquate et qui nous inculque des comportements spécifiques à adopter dans un contexte concurrentiel. Nous croyons que la technologie pourrait et devrait être utilisée pour libérer les gens du travail forcé, pas seulement parce que cela est plus efficace mais aussi parce que c’est la bonne chose à faire. Les emplois que les gens ne veulent pas faire parce qu’ils sont répétitifs, dangereux, ou abrutissants seront parmi les premiers à être automatisés grâce à la technologie. Nous reviendrons sur le concept du « travail » plus loin.
La compétition: un arrangement social à l'intérieur duquel l'atteinte de l'objectif d'une personne (ou de plusieurs personnes) empêche obligatoirement une autre personne (ou plusieurs autres personnes) d'atteindre le sien.
La coopération: un arrangement social à l'intérieur duquel l'atteinte de l'objectif d'une personne (ou de plusieurs personnes) nécessite obligatoirement l'aide d'une autre personne (ou de plusieurs autres personnes).
Voici les tendances des deux arrangements :
Compétition |
Coopération |
| Les autres sont des obstacles à surmonter. | Les autres sont des collaborateurs. |
| On se nuit. | On s’entraide. |
| On se méfie. | On se fait confiance. |
| On est moins productif parce qu’on perd notre énergie et notre concentration à essayer d’être meilleur que l’autre. | On est plus productif parce qu’on peut mettre toute notre énergie au profit de la tâche avec l’aide des autres. |
| On doit être conforme à ce qui va nous permettre de gagner. | On peut être créatif en toute sécurité sans avoir peur de perdre. |
| L’estime de soi est bonne si on gagne, mauvaise si on perd. | L’estime de soi ne dépend pas d’être meilleur qu’un autre. |
| Il ne faut pas partager ses idées, on pourrait se les faire voler. | Le partage des idées est l’une de nos plus grandes forces. |
| Si on peut tricher pour gagner sans se faire prendre, pourquoi pas? | On a une bonne intégrité personnelle. |
| Si on n’a pas de chance de gagner, à quoi bon participer? | On a une meilleure motivation personnelle. |
| Les problèmes complexes sont plus difficiles à résoudre parce qu’on perd notre énergie et notre concentration à essayer d’être meilleur que l’autre. | Les problèmes complexes sont un beau défi à relever ensemble et sont d’autant plus faciles parce qu’on peut mettre toute notre énergie au profit de la tâche. |
| On éprouve de la jalousie envers les gagnants, on se sent meilleur que les perdants. | On gagne ensemble, on perd ensemble. |
| On est plus agressif envers les autres. Ce sont des obstacles après tout! | On a une meilleure empathie envers les autres. Ce sont des collaborateurs. |
| On est anxieux parce qu’on apprend à mesurer notre valeur par rapport aux autres. | On est plus zen. On se compare à soi-même. |
| On cherche un rapport de force inégal en notre faveur. | L’égalité bénéficie à tous. |
Ces tendances ne sont malheureusement pas une exagération. La recherche le démontre bien et l’histoire humaine raconte essentiellement la même chose. Mais d’où vient cette compétition et est-elle inévitable? Est-elle naturelle? Est-elle vraiment souhaitable? Sert-elle réellement l’intérêt de l’humanité? Aujourd’hui, la compétition est omniprésente. Dans les écoles, les loisirs, et les affaires, cet arrangement social de « réussir/gagner aux dépens de l’autre » n’est que très rarement remis en question. On l’intériorise à notre insu depuis notre plus jeune âge. Le monde moderne fonctionne ainsi mais sommes-nous faits ainsi?
Tout d’abord, pour qu'il y ait compétition, un ingrédient semble nécessaire : il doit y avoir une rareté quelconque qui soit convoitée par deux personnes ou plus. Il va sans dire que depuis nos premiers balbutiements en tant qu'espèce, la rareté a été omniprésente, notamment en ce qui concerne la nourriture, les abris, les territoires, l'eau, et plus récemment l'or, l'argent, l'emploi, être en première place, certains produits, etc. Cette omniprésence historique de la rareté et de la compétition fait qu’elles paraissent naturelles et inévitables. Le contexte de rareté favorise l’émergence du comportement compétitif, et au fil des siècles, ces comportements ont donné lieu à des présuppositions concernant la « nature humaine ». L’humain serait donc égoïste, cupide, calculateur, paresseux, et à partir de ces « constatations » (sans égard au contexte) est né le système socioéconomique moderne. Ceux à qui profite ce système compétitif ne manquent pas de clamer haut et fort les vertus mythiques de la libre concurrence, déclarant qu'elle est bien et nécessaire, qu’elle promeut « l’excellence », qu’elle est un moteur d’innovation, qu’elle forge le caractère, qu’elle motive, et qu’elle rassemble. Aucun de ces dires ne sont supportés par la recherche. La compétition ne promeut pas l'excellence, elle ne forge pas le caractère, elle inhibe l’innovation, et elle n'améliore certainement pas les relations sociales. Pour clarifier, ce n’est guère de la coopération que de rassembler des gens en groupes distincts pour ensuite mettre ces groupes en compétition les uns contre les autres.
Heureusement, la coopération est aussi des nôtres depuis longtemps. L'un des principaux objectifs, celui de survivre à travers la période de l'enfance, serait littéralement impossible sans l'aide d'une autre personne. La coopération à l'intérieur de l'espèce humaine nous a permis de réaliser des exploits d'une proportion inimaginable. Tout ce qui a eu un impact positif sur notre qualité de vie aura été le résultat, tôt ou tard, de l'arrangement social coopératif. Les langues, les sciences, les technologies, les connaissances, l’art et la plupart des choses que l'on tient pour acquises aujourd'hui auraient été simplement impossibles sans coopération. À l'inverse, les côtés plus sombres de la société résultent de la compétition. Cela ne devrait pas nous surprendre car à l'intérieur d'un arrangement social compétitif, nous apprenons à percevoir les autres comme étant de potentiels obstacles à nos objectifs.
Nous sommes des êtres sociaux, et tandis que le système socioéconomique actuel demande davantage de compétition, notre nature sociale ainsi que nos besoins immédiats en tant que société requièrent tous deux davantage de coopération. Cette coopération nous permet de percevoir les autres comme de potentiels collaborateurs. Les avantages reliés à la vie dans un environnement coopératif sont nombreux. Outre le fait de pouvoir considérer les autres comme étant de potentiels collaborateurs dignes de confiance, un environnement coopératif accroît la productivité, la créativité, l'estime de soi, le partage, l'intégrité, la motivation personnelle et la capacité à résoudre des problèmes complexes. De plus, ce genre d'environnement réduit la jalousie, l'agressivité, l'anxiété, les inégalités et le conformisme aveugle. Le système compétitif de marché-monétaire actuel encourage exactement le contraire. En raison de la nature intrinsèquement rare de l'argent (étant en soi une dette à être repayée), nous vivons dans une société intrinsèquement compétitive. La rareté d'aujourd'hui, en ce qui concerne le bien-être humain, est donc majoritairement artificiel; tout comme la compétition qui en résulte. Autrement dit, nous avons suffisamment de ressources pour élever le niveau de vie pour tous. Nous proposons l'adoption d'un système socioéconomique qui soit intrinsèquement coopératif.
Les fondations compétitives du système actuel favorisent une distribution inéquitable d’argent, la résultante étant ni plus ni moins une pyramide sociale. Les innombrables pauvres dans le besoin en constituent la base tandis que les quelques privilégiés y figurent au sommet. La stratification sociale et la disparité économique comportent des ramifications préjudiciables à la santé sociale. Elles créent l’inégalité sociale et celle-ci a été scientifiquement liée à des niveaux élevés de maladie mentale, d’obésité, d’incarcération, d’homicides, d’utilisation de drogue, et à une réduction de niveaux de confiance sociale, d’espérance de vie, de performance scolaire, et de mobilité sociale, pour ne nommer que ceux-là. L’égalité est dans l’intérêt de tous.
Si tout l'argent dans le monde disparaissait soudainement, le monde serait physiquement le même. Les ressources naturelles nous permettraient toujours de vivre et de fonctionner.
Ce ne serait pas controversé d’affirmer que l’argent représente le sang du système actuel. Comme le dit le dicton : c’est l’argent qui mène le monde. Aujourd’hui, sans circulation monétaire, le système s’effondre. Lorsque la circulation ralentit (lors d’une dépression/récession économique) cela mène à une situation où les ressources sont disponibles mais il n’y a pas suffisamment d’argent pour que les gens puissent les acheter. Ce sont ces moments qui ébranlent la foi des gens envers le système. Lorsque la situation se résorbe, ces gens se sentent chanceux simplement d’avoir un travail. En grandissant dans le monde moderne, deux choses deviennent rapidement claires, (1) l’argent est une nécessité pour avoir des conditions de vie décentes, et (2) l’argent est rare. Cette compréhension commune résume généralement le tout. Ce qu'est l’argent et comment il affecte la société ne sont pas l’objet de réflexions communes. Aujourd’hui, on tend toujours à justifier l’utilisation de l’argent par les fonctions historiques qui lui ont été attribuées.
Premièrement, la monnaie/l’argent a acquis sa fonction de moyen d’échange à une époque où la technologie et la science étaient dans leur enfance et où l’atteinte d’une abondance matérielle n’était ni techniquement possible ni même considérée en tant qu’objectif louable. Il servait/sert plutôt la fonction difficile d’être un obstacle, souvent insurmontable pour plusieurs, qui prévient l’accès à certaines ressources. Dans un monde où les gens détiennent un accès gratuit à une abondance matérielle, cette fonction devient inutile.
Deuxièmement, l’argent était utilisé comme unité de compte. Cette fonction appose une étiquette de prix sur tout ce que l’on peut imaginer en se basant sur la rareté associée à l’objet ou au service, la demande à son égard, le montant de labeur encouru, et la valeur de la devise en question. Cette fonction récompense ceux qui sont en mesure de convaincre les autres que ce qu’ils vendent est rare et en demande; elle récompense également ceux qui s’arrangent pour réellement rendre ce qu’ils vendent rare et en demande. De plus, elle permet à ceux qui possèdent beaucoup d’argent de l’utiliser pour forcer des gens à faire des choses qu’ils ne feraient pas autrement. Encore une fois, dans un monde d’abondance où le travail de servitude, tel que nous le connaissons, est automatisé, la valeur monétaire serait réduite au point où il serait inutile d’étiqueter les choses avec un prix.
Troisièmement, la norme de paiement différé est une fonction en lien avec la création même de l’argent. Le processus par lequel la banque va créer de l’argent, le prêter, et subséquemment s’attendre à ce qu’il soit remboursé avec intérêts, est un processus qui est responsable de l’existence de la majorité de l’argent en circulation. L’argent est une reconnaissance de dette envers la banque. Chaque dollar qui existe est destiné à retourner à la banque. Ceci, en soi, fait que l’argent est rare mais ce qui le rend encore plus rare c’est les intérêts qui accompagnent les prêts. On constate donc que la masse monétaire est plutôt petite comparativement au montant d’endettement dû aux banques. La seule solution est de continuer à emprunter où à déclarer faillite. Bien entendu, tous ne peuvent pas profiter également d’un prêt bancaire car tous ne peuvent pas démontrer leur capacité à repayer l’emprunt. Fait intéressant, ceux qui ne possèdent que peu d’argent doivent emprunter et payer des intérêts tandis que ceux qui en possèdent beaucoup peuvent investir et faire encore plus d’argent, augmentant ainsi la disparité économique.
Quatrièmement et au final, l’argent possède une fonction de réserve de valeur. Vous économisez de l’argent et il conservera de sa valeur dans le temps. Cette valeur est liée à sa capacité d’être échangé plus tard pour des choses, donc cette fonction vient rejoindre celle du moyen d’échange. La « valeur » de l’argent est reconnue par convention mais n’est pas intrinsèque; on ne peut le manger ni l’utiliser pour fabriquer quelque chose. Le système monétaire existe et fonctionne grâce à la foi que les gens ont en lui.
Au fur et à mesure que notre capacité de production augmente et que la technologie progresse, il devient de plus en plus difficile de créer de l'emploi que les gens veulent réellement occuper. Nous avons atteint une capacité de production qui aurait été considérée impossible seulement une centaine d'années passées. De plus, nous sommes en mesure de le faire avec de moins en moins d'employés. Le « travail » est rapidement en train de devenir une relique du passé. Cependant, le système socioéconomique actuel peine à s’adapter. L'argent doit circuler, et tandis que les mécanismes de création monétaire de base imposent à la société une telle circulation, le fait d'avoir un travail encourage les gens à dépenser, donc davantage de circulation monétaire. Il n'est guère surprenant de constater que la création d'emplois soit un thème récurrent auprès des partis politiques. La création d'emplois sert à renforcer l'économie monétaire et à maintenir le statu quo. Pragmatiquement parlant (mettons de côté l'économie monétaire un moment), l'élimination d'emplois devrait être célébrée car cela représente davantage de temps de loisir. La plomberie moderne a certainement éliminé des emplois tandis que nous devenions plus efficaces à fournir de l'eau propre aux gens.
L'argent devient progressivement obsolète. Lorsque l’on considère nos aptitudes à automatiser, nos capacités de production actuelles, et nos nouvelles méthodes avancées de gestion de l’accès universel aux ressources, le modèle traditionnel du « travail salarié » nous apparait comme étant bien vieux jeu. La stratification sociale, l’élitisme et la disparité économique que l'on constate aujourd'hui n’ont plus lieu d'exister. En fait, leur existence même devrait nous aider à réaliser que nous ne serons jamais des égaux tant et aussi longtemps que le système permettra à certains de posséder autant tandis que d'autres possèdent si peu. Malheureusement, la quête du profit demeure la motivation dominante, comme en témoigne les décisions managériales conventionnelles visant à accroitre l’efficacité économique. Les préoccupations humaines et environnementales sont secondaires, si elles sont prises en considération.
Alors que cela semble évident en soi, nous estimons qu’il est important de spécifier que tout ceci ne devrait pas être perçu comme un combat entre les riches et les pauvres; ni entre le 1 % et les 99 %. En réalité, c'est une lutte qui oppose l'humanité dans son ensemble à un système socioéconomique dangereusement dépassé; un système qui menace notre stabilité sociale et environnementale. Nous proposons le retrait progressif du système monétaire. En restant fidèles à nos méthodes d'opération décrites plus haut, nous aborderons chaque objectif en étant libérés des entraves traditionnelles avec lesquelles les gouvernements du passé ont dû composer. Nous utiliserons l'argent pour le dénuer de sa pertinence. Lorsque l'élément de rareté monétaire ne sera plus, nous serons en bonne position pour implémenter les fondations coopératives du nouveau système socioéconomique. Au fil du temps, la coopération deviendra une seconde nature alors que la mentalité se sera adaptée à la nouvelle réalité.
